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Dîner-Causerie : sur les potentialités de la recherche en matière agricole en Guadeloupe


Dîner-Causerie : sur les potentialités de la recherche en matière agricole en Guadeloupe

Le dîner-causerie a eu lieu le 30 janvier 2009 au siège social du CASODOM. Le conférencier est un spécialiste de la recherche en matière agricole. Ses diplômes de docteur-ingénieur en physiologie végétale et d’ingénieur des techniques agricoles, assortis d’un D.E.A. de génétique, et son expérience à l’INRA, le désignent tout particulièrement pour être un expert dans le domaine de la recherche agricole.

 


Ses recherches ont porté principalement sur l’adaptation de la pomme de terre en zone tropicale humide, et de la production de semences dans les conditions écologiques des Antilles. Il a d’ailleurs effectué ce travail de recherches en liaison avec l’INRA de l’Allier. Il est parti de la patate douce qui occupe une place importante dans les productions agricoles des pays tropicaux. En zone tropicale, la patate douce est cultivable toute l’année et son aptitude à produire de l’amidon est équivalente à celle de la pomme de terre. Le constat est qu’aux Antilles françaises, la patate douce est cultivée dans le cadre d’une agriculture de subsistance (5130 T en Guadeloupe – 1840 T en Martinique). La production est en diminution constante, sans doute à cause des pressions socioculturelles et d’une demande de plus en plus calquée sur le modèle occidental classique. On peut également supposer que le goût sucré du tubercule explique partiellement cette désaffection. Cette production représente cependant un atout appréciable pour les familles à revenus modestes. La création, en 1985, de clones à faible pouvoir sucrant, offre l’occasion de revaloriser cette production en proposant aussi bien aux consommateurs locaux qu’à la clientèle touristique une gamme de choix de variétés plus large avec une composante diététique. C’est donc dans cette optique que M. Mathuin a entrepris des travaux au sein d’une équipe sur le comportement variétal et les mécanismes biochimiques qui contrôlent le caractère non sucrant. Les résultats des travaux sont très encourageants puisqu’on a obtenu des variétés non sucrées qui démarquent bien des variétés classiques et sont appelées Pomme patate. Ses travaux ont été accompagnés par le Conseil Régional de la Guadeloupe par une subvention à la commercialisation et à la valorisation des tubercules prêts à l’emploi, mais il reste à associer la Chambre d’Agriculture et la faire adopter en gastronomie comme complément de la pomme de terre ou de l’igname. Après son exposé, des échanges nourris ont eu lieu avec la salle, en particulier sur le thème de l’utilisation effective des fruits de cette recherche en tant qu’elle pourrait réduire notre dépendance alimentaire. Mais il faut répondre à des craintes irrationnelles, comme celle des effets d’une parenté de ce produit avec un OGM . Il convient aussi de travailler sur la possibilité d’induire dans la population le goût de ce produit. D’autres questions ont porté sur le fait que le relief de la Guadeloupe ne permet pas de faire de la culture extensive comme cela se fait déjà ailleurs pour l’igname. En définitive, le débat s’est élargi aux potentialités de la recherche agricole en général, et aux résultats économiques qu’on peut attendre de cette recherche. Les échanges, qui ont été animés, ont permis d’apprécier la maîtrise de son sujet par le conférencier.