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Dîner-causerie : La Sécurité Sociale dans les DOM, mythe et réalité, l’exemple de la Guadeloupe

Après avoir observé qu’au terme d’une lente évolution,  mais qui s’est faite sans heurt, le système de protection sociale des DOM est quasi identique à celui de l’Hexagone, le conférencier se livre à un bilan critique de la Sécurité Sociale en Guadeloupe pris comme département témoin. Il observe tout d’abord qu’il s’agit là de la manifestation d’une solidarité justifiée, en raison  d’une part, de la situation économique et sociale très difficile, avec un chômage élevé, et d’autre part des revenus plus bas qu’en métropole en moyenne, avec des inégalités sociales beaucoup plus importantes.

C’est ainsi que le poids du RMI dans les DOM est élevé, pour partie en raison de la sous-indemnisation de certaines prestations comme l’allocation parentale d’éducation, et l’indemnisation du chômage qui, elle, est deux fois moindre qu’en Métropole. Il est dû aussi à une situation économique et sociale dégradée.
Le conférencier souligne aussi que l’économie des DOM est fortement marquée par le poids des transferts publics. Par exemple, la Sécurité Sociale a, à elle seule, injecté plus d’un milliard d’€uro dans l’économie guadeloupéenne en 2003, à quoi s’ajoute plus de 500 millions d’€uro versés par les CAF. On peut ainsi se demander si dès lors l’égalité ne risque pas de se traduire par une incitation à se contenter de consommer, au détriment du développement de l’économie productive ?

Il est clair, selon le conférencier, qu’on peut dire sans risque de se tromper que l’enjeu aujourd’hui est de concilier un dynamisme économique certain et des comportements sociaux proches de ceux observés dans l’Hexagone.

Le rattrapage social n’a pas altéré en effet le dynamisme de l’économie de la Guadeloupe. La croissance du PIB par habitant traduit un enrichissement des populations plus rapide qu’en Métropole, même s’il reste largement inférieur à ce dernier, mais il faut observer que de nombreux signaux demeurent au rouge comme le nombre de chômeurs, l’augmentation du nombre de RMistes, de bénéficiaires de la CMU ...

Il relève aussi que le dynamisme de l’emploi salarié est illustré par le taux élevé de créations d’entreprises et par une création d’emplois relativement importante.

De sorte que la conjonction de ces différentes données aboutit à un accroissement des revenus d’activité qui relativise sensiblement le poids des transferts publics.

Il serait en tout état de cause inconséquent de ne pas être vigilant quant au développement et à la pérennité de notre système. Et il paraît nécessaire de modifier nos comportements qui, après les ajustements réalisés, nous rapprochent des standards nationaux.

Une nouvelle appréhension des comportements s’avère nécessaire.

L’assistance a d’abord salué la richesse et la rigueur de l’exposé particulièrement bien documenté du conférencier. Les échanges qui ont suivi ont porté

- d’une part, sur les règles pratiquées par la Sécurité Sociale qui, dans certains domaines, notamment en assurance maladie, peuvent appeler des critiques,
- d’autre part, sur l’influence, positive ou négative, du système de protection sociale sur l’économie des DOM, et sur la société en général.